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TRIBUNE par Frédéric Thiriez
Il y a une semaine, la ministre des Sports a relancé le débat sur la laïcité en affirmant qu’une sportive voilée ne faisait pas de l’entrisme. L’ancien président de la Ligue de football professionnel lui répond que le voile doit être interdit sur le terrain au nom de l’éthique sportive. Frédéric Thiriez est président du Conseil national d’éthique du football et ancien président de la Ligue de football professionnel. Nous publions avec son accord sa récente Tribune parue dans le Figaro.
Si le débat public sur l’interdiction du port du voile dans les compétitions sportives s’envenime, c’est parce que le problème est mal posé. Ce n’est pas le principe de laïcité qui justifie l’interdiction des signes religieux dans le sport. La loi de 1905 n’a rien à voir dans l’affaire. L’obligation de neutralité religieuse qu’elle impose ne s’applique qu’aux fonctionnaires et agents publics, pas aux «usagers» que sont les sportifs, à la seule exception des joueurs des équipes de France, assimilés par le Conseil d’État à des agents du service public (CE, 29 juin 2023, Alliance citoyenne).
Opposer le principe de laïcité aux jeunes filles qui veulent porter le voile pour faire du sport est donc non seulement erroné, mais contre-productif, tant la notion est mal comprise, voire rejetée, par le public. L’interdiction de tout signe religieux dans le sport, comme de tout message politique ou syndical, a un tout autre fondement. Ce sont les valeurs universelles du sport, telles que rappelées par la Charte olympique : l’égalité, la non-discrimination, la dignité de l’être humain, quelle que soit sa race, son sexe, sa religion ou ses opinions. C’est cette même charte qui, dans son article 50, prohibe clairement tout signe religieux ou politique dans les enceintes sportives, concrétisant ainsi la belle idée de la «trêve olympique» : avant d’entrer sur le terrain, chacun laisse ses «armes» au vestiaire, entendons par là tout ce qui peut diviser ou afficher une différence. Tous les athlètes sont égaux devant «les dieux du stade». Nos anciens les Grecs ne concouraient-ils pas dévêtus ? La tenue uniforme d’aujourd’hui, short et maillot, n’en est que la pudique continuation !
À l’aune de ces principes de l’éthique du sport, on comprend que le port du voile ne puisse être accepté. Le hijab n’est pas un couvre-chef ordinaire. Il est la manifestation ostentatoire, non seulement d’une appartenance religieuse, mais aussi d’une séparation voulue entre les hommes et les femmes et d’une soumission explicite de celles-ci aux premiers. Il n’est rien de plus contraire aux valeurs fondamentales du sport telles que l’égalité et la dignité de la femme. Les partisans du port du voile ont bien tenté de contourner la règle en plaidant que le hijab ne serait pas un signe religieux, mais «culturel». L’argument prête à sourire car même les « hijabeuses », devant le Conseil d’État, revendiquaient le droit de porter le hijab au nom de leurs convictions religieuses et pas d’une tradition culturelle.
On a entendu aussi, plus sérieusement, que l’autorisation de porter le voile ouvrirait la pratique du sport aux jeunes musulmanes et que, loin de les asservir, cela contribuerait à leur émancipation. L’argument, fondé sur une logique d’inclusion, ne manque pas de force et a pu ébranler nombre de décideurs politiques, ministres des Sports en tête. Mais l’inclusion par le sport ne saurait être «conditionnelle» ou subordonnée au port du hijab. Le sport ne peut se faire le complice de ceux qui veulent asservir la femme.
L'islamisme a pénétré le football amateur. C’est l’honneur du football et du basket français d’avoir tenu ferme sur le principe de neutralité du sport, tandis que la plupart des fédérations internationales cédaient sur la question du voile, sous la pression de l’Iran. Souhaitons que le législateur, saisi à l’initiative du sénateur Michel Savin, consacre en droit français les principes de la Charte olympique.
Frédéric Thiriez